28 novembre 2008
Inaccessible
Qu'il est doux de sentir le regard des hommes instruits sur soi, et qu'il est plaisant d'imaginer leurs pensées...
Evoquer le Banquet,
contempler les regards posés sur soi, s'arrêter sur quelques mains,
quelques regards passionnés ou fuyants, mais ne pas savoir si parler de
sensualité éveille les sens ou l'intellect, jouer de l'ambiguïté, tenir
en haleine ses étudiantes, pour les libérer dans une envolée
(orgasmique)...
Ecouter le professeur brillant se répandre en termes évocateurs magnifiquement agencés, le contempler avec une passion acharnée pour parvenir à libérer toutes les tensions qu'il sait finement créer ; se pendre à ses lèvres évoquant la mélancolie et s'imaginer à ses côtés, soulageant sa peine solitaire, son affliction profonde de moine de la littérature victime d'acedia, traitant le sujet pour s'en libérer... Le conduire par des voies détournées là où son art l'avait déjà guidé, et se sentir Sibylle adulée par un homme qui connaît tout et peut tout déverser dans une urne béante et assoiffée de tous les savoirs.
Chercher son regard impossible, croiser son inspiration sacrée, boire sa voix menant à ses pensées... Libérer dans un souffle les termes de "sperme" et de "salope", jouir des regards luisants et des bustes inclinés, tendus, capter les regards pénétrants pour les exciter... Y parvenir, sans en pouvoir jouir... S'il savait!
Commentaires
Eh bien dites-moi...
C'est qu'on retournerait vite enseigner dans un amphi bondé, avec des étudiantes aussi motivées ! Quand on dit que littérature et sexe c'est la même chose...
La chaire est faible.
...ou lorsque les mots sont autant de caresses sensuelles qui parcourent notre corps, de l'intérieur, au plus profond de nous et lorsque le regard se lit comme une main caressante qui se pose sur une peau de velours.
Quel plaisir que les rencontres imprévues. Sur la toile, dans la vie. Je ne sais plus trop quels vents m'ont portés jusqu'à vous - si ce n'est qu'en tirant mon cap à rebours nous serions chez memorandhomme (ce qui n'est pas rien...). Mais cette impression d'être soudain "chez" soi parce que les mots sonnent - résonnent - juste, raisonnent juste. Alors un coup d'oeil par-ci, par-là, et l'envie de revenir, de rattraper le temps passé - et non perdu, puisque nous sommes là.
Tout lire, tout voir, écouter même vos longs silences. J'ai adoré.
Ces mots ont tant de grâce
Ce corps a tant de sens...
En attendant votre prochain billet, je me languis de vous (mon acedia...)
***
Que répondre à cela? J'encourage votre chair à faiblir encore si c'est avec de tels mots! Au plaisir de vous séduire!
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