27 février 2008
Fantômette
Je crois que c'est la première fille que j'ai désirée (et que j'ai désiré être! Pour moi, c'est toujours lié...). A croire que la femme de mes rêves est une femme de papier.
Ahhhhh! Elle était géniale. Je vais m'acheter un loup et un justaucorps jaune, avec une super-trottinette. (je sais, c'est un super-balai sur la photo...).
La Noyée
Ce n'est pas parce qu'il fait référence au titre d'une musique de Yann Tiersen que ce titre est embarrassant. Il est embarrassant, parce que je vais parler de mes craintes et que cela va t'effrayer. Je suis au cœur d'un tourbillon que je fais naître d'un battement d'aile de papillon. Mon crâne est le siège d'une tempête pleine d'encre et de sang, l'un coagulant tandis que l'autre coule à flots. Je m'abîme dans les mers amères de mes pensées sans fond...
J'aimerais afficher ici LA photo évanescente d'une femme dont l'esprit déchiré explose discrètement, lentement, entrecoupant cet épisode troublant de sourires rassurants. Je me décompose et ne me retrouve pas, impossible de recoudre ensemble ces différentes facettes de moi...
Séductrice? Oui.
Schiele, Frau in schwarzen Strümpfen
Jouisseuse? Oui.
Schiele, Liegende Frau
Soumise? Oui.
Schiele, Kniendes Mädchen, auf beide Ellbogen gestützt
Femme-enfant? Oui.
Schiele, Nu à la chevelure noire (debout)
Lesbienne passionnée? Oui.
Schiele, Lesbisches Paar
Hétéro fidèle? Oui.
Schiele, Umarmung
Un peu tout ça à la fois... Je suis inconstante et j'en suis navrée, je change de personnalité à chaque saut du lit et je ne sais pas comment je pourrais rester dans ce même lit toute ma vie... La fidélité me fait peur, la fusion m'effraie, pourtant je ne puis être autrement que fidèle et je recherche les relations fusionnelles.
Mes sentiments papillonnent d'un état d'esprit à un autre, je suis perdue, je me noie, et je me débats, j'épuise mes forces à tourner sans cesse sur moi et à sauter chaque vague sans certitude. Pourquoi? Quel est ce besoin de définition, de stabilité? Cela signifierait-il que je ne peux me fixer avec toi que si je sais qui je suis, et que je grave la définition de ce que je veux être afin de me fixer un cap? Mais comment choisir? Faire des choix et accepter d'effacer les autres possibilités, c'est la première fois que j'y suis vraiment confrontée.
Laisse-moi du temps pour m'habituer à lutter contre mes démons du passé, pour accepter l'idée de me poser et de me reposer dans tes bras... Tant de changements, que je ne réalise vraiment que maintenant... Tant de questions à résoudre auxquelles seul le temps pourra répondre... Je désire et je redoute l'engagement, les femmes, le quotidien et les passions, mais pour la première fois, je n'arrive pas à trancher. Tout n'est pas tout blanc ou tout noir, et je ne m'y fais pas. Je dois accepter l'incertitude et je ne le tolère pas, moi qui ai toujours décidé de la conduite de ma vie. J'ai du mal à me faire à l'idée que je dois prendre mes décisions avec un homme que j'aime mais qui tente parfois de jouer le rôle de mon père, que je dois réfréner mes caprices égoïstes pour écouter ses suggestions égoïstes aussi, que je dois tirer un trait en pointillés sur mon passé, pour enfin dissocier mon bonheur de la souffrance...
Aimer, ou l'art du compromis... C'est terrible. C'est calme, doux et attentionné. Ce n'est pas fou, passionné et capricieux. Et si c'était un peu des deux? Pitié!
Schiele, quel génie! Si je me remettais au dessin, tu poserais pour moi?
19 février 2008
Moi et mes cheveux
Chers hommes, sachez qu'il ne faut jamais dire à une femme que ses cheveux sont hideux, même s'ils le sont, parce qu'elle a voulu se les couper toutes seules et qu'elle a dérapé au coin de l'évier ou que sa coloration a viré au vert. En effet, une femme a une conscience surnaturelle de l'état de ses cheveux, et quand bien même il lui arrive d'exagérer, rien ne pourra la rassurer. Non que ce soit un complexe, mais presque. J'en parle en connaissance de cause. Eh oui, que voulez-vous, je ne peux pas me plaindre de mon cul, j'adore mes seins, je ne suis pas grosse et il arrive que les hommes me regardent. Bref, aucun moyen de complexer autrement qu'en jetant mon dévolu sur mes cheveux. Il n'y a rien de tragique à propos de ceux-ci, mais il suffit qu'un cheveu rebique et ça me rend folle. Enfin, rebique, rebique...qu'il ne rebique pas dans le bon sens, plutôt. J'ai de beaux cheveux, qui bouclent et font des anglaises, mais parfois ils sont raplapla ou impossibles à dompter, même en les triturant avec divers outils dont vous n'avez pas connaissance (vous les hommes).
Très chères femmes, aujourd'hui je suis allée chez le toiletteur, et ayant cru prendre rendez-vous avec un dénommé "François", je me suis retrouvée entre les griffes d'une "Fanfan" aux cheveux exorbitants et aux collants verts, mauves et bleus (tout ça en même temps), qui a trouvé magnifique le travail de sape qu'elle a effectué sur mon cuir chevelu, écorché par le peigne, brûlé par le sèche-cheveux et aussi reluisant que la toison d'un caniche nain en plein ébrouage post-éclaboussage par un trente-trois tonnes... Bref, c'est splendide, et il paraît selon elle que les hommes raffolent du volume extrême: sachez, chères demoiselles, qu'il faut se passer la main dans les cheveux dans un mouvement très rapide d'allers et venues au coeur de la masse, et faire sortir sa main par le bas, sinon ça gâche tout. Après avoir dit à son collègue que j'avais UN cheveu magnifique, et qu'elle était parvenue à ce volume sans l'aide du moindre brushing, elle m'a gratifiée d'un sympathique "salope" qui m'a confortée dans l'idée de ne plus me faire coiffer que par des hommes aux tendres gestes et coups de peignes délicats, avec des ongles bien coupés... Enfin, j'ai failli lui dire que non, ce n'était pas aux hommes que je voulais plaire dans la rue, mais j'ai eu trop peur qu'elle le prenne pour elle... Ahh, quelle aventure, quelle aventure! Heureusement, de retour chez moi, après avoir essuyé moult regards curieux, j'ai réussi à aplanir l'ensemble, de sorte que l'on ne me vienne pas en aide dans le métro, en me croyant électrocutée au quatrième degré (oui, messieurs, je sais, mais là je parle aux dames, qui me comprennent, elles!).
Bref, mesdames, suivez mon conseil et choisissez les hommes pour la coiffure, ils m'ont toujours régalée de caresses tandis que les femmes n'ont JAMAIS manqué de m'écorcher oreilles (en décrochant parfois mes boucles d'oreille avec leur peigne dans une violence incroyable), crâne et nuque, de me brûler avec le sèche-cheveux et de me coiffer avec impatience (mes pires expériences ont eu lieu chez Franck P.): jalousie? J'ai pris mes quartiers chez un coiffeur branché, avec plein d'hommes, pas tous gays mais presque, qui sont TOUJOURS très délicats et admiratifs de MON cheveu. Quel plaisir!
Désolée, messieurs, pas un gramme de sexe dans cette note, mais des kilos de masse capillaire...
09 février 2008
Après la sieste, ou le quart d'heure X
Comme le titre l'indique, je ne m'apprête pas à vous donner la seule bonne recette du pain perdu, même s'il y aurait beaucoup de choses à en dire.
Je vais vous parler du quart d'heure X. Ce moment intervient à mon réveil, soit après une sieste diurne, soit en pleine nuit, à la faveur d'un réveil intempestif. Je suis éveillé, mais tout juste. Mes pensées ne sont pas encore très claires, je suis un peu dans le brouillard. Disons que j'ai simplement recouvré l'usage de mes membres. Oui, tous mes membres, bande de pervers.
Une partie de mon cerveau fonctionne. Celle où les réflexes, les réactions simples se cachent. L'autre partie, qui abrite le vernis social, mes inhibitions, mon éducation, ma conscience, est encore dans les limbes.
Ce moment dure environ un petit quart d'heure. Pendant ce moment, je suis un sauvage. J'ai notamment très envie de cul. Pas ce terme qui désigne le sexe en général, hein. L'autre cul, celui que l'on peut caresser, lécher, bouffer, et, de temps en temps, pénétrer. Ainsi, en pleine nuit, il m'est arrivé de déranger ma voisine de lit en me jetant sur ses fesses, complètement sourd à son envie de dormir. Je bande gravement.
Pendant le quart d'heure X, j'ai des envies que je n'ai pas tous les jours.
Vous vous doutez bien que si je vous parle de tout ça à 16h34 un samedi, c'est qu'effectivement, je me suis réveillé d'une sieste. Le fameux quart d'heure est terminé, mais je peux me rappeler pour vous ce dont j'ai eu envie.
Sperme. Cette matière, on essaie plus ou moins de ne pas trop rester trop près d'elle. Ce n'est pas qu'elle nous dégoûte, mais disons qu'on ne va pas spontanément aller se rouler dedans. Evidemment, quand je suis en pleine action, j'aimerais bien qu'il se passe des choses impliquant cette matière. Mais après orgasme, hors contexte, c'est plutôt t-shirt spécial sperme.
Là, je voulais que le sperme prenne toute la place qu'on devrait lui réserver. Je voyais Mme me faire jouir, moi sur le dos, le sperme coulant sur mon ventre. Elle le léchait. Goulûment. Et puis c'était moi qui léchais le sperme. Pas le mien, cette fois; un type m'avait remplacé sur le dos. Car je ne peux pas lécher mon sperme: une fois sorti de moi, l'idée ne me branche plus. Même dans les limbes, j'en ai conscience.
Et puis une autre fille s'invite. S****, cette ex-copine de mon lycée, autour de laquelle nous tournons depuis un an, avec qui le projet de batifoler s'éloigne et se rapproche sans cesse, mais qui finira bien par tomber dans nos filets un de ces quatre. N'est-ce pas mon amour?
Sania s'approche - oups, voilà son prénom. Et puis, flûte... Il n'y a pas qu'une seule Sania, après tout. Ca ne remet pas en cause son anonymat. Et l'idée qu'elle puisse tomber sur ce texte m'excite... Ca vaut bien une petite entorse au règlement. N'est-ce pas mon amour?
Sania s'approche. Mon amour est en train de me branler lentement, parce qu'elle sens que je suis sur la fin. Elle a déjà retiré sa bouche parce qu'elle sait ce qui arrive. Elle fait durer le plaisir. Sania est une copine, avec qui je n'ai pas spécialement de feeling physique. On a déjà parlé, tous les trois, autour d'un verre, de ce que serait notre trio. Il ne pourrait être qu'orienté vers Mon Amour. Ni Sania ni moi n'oserions spontanément nous toucher. Ca ferait bizarre, et on ne saurait pas comment l'autre réagirait. Rien de plus débandant qu'un "oh" de surprise incongrue. Pour autant, on se doute qu'il se peut qu'à un moment, on ait envie de se toucher. Pas facile à gérer.
Je suis donc près du point de non retour. Nous en sommes au seul moment de notre séance de baise où je suis la star; mon Amour est donc la seule à pouvoir s'activer, puisque mon sperme n'est pas loin.
Mais Sania, qui était allongée à mon côté, à nous regarder, s'approche. Mon amour relève les yeux, incrédule. Sania la regarde à son tour, amusée. Elle s'empare de ma bite. Elle enfreint les règles, et elle adore ça. Elle voit dans nos yeux le reflet de sa satisfaction. Elle entame une masturbation lente. Elle a bien compris où j'en étais. Elle nous regarde. "Je sais qu'il n'y en a plus pour longtemps. Je sais que si j'accélère le rythme, il jouit. Je sais que si je souffle sur ce gland rouge, le sperme en sortira. Eh bien regardez."
Et elle applique sa bouche sur mon sexe, enfournant entièrement mon gland. Je gémis pour lui faire comprendre que si elle ne change rien, mon sperme va couler dans sa gorge. Elle ne fait rien. Elle accélère même... Et je jouis. Alors que les saccades se produisent, elle fixe Mon Amour du regard. Ce n'est pas un regard amusé, cette fois... L'amusement est passé. Les masques sont tombés; elle s'expose. Mon Amour lit dans son regard tout le vice... Et elle est jalouse. "C'est moi la plus salope de nous deux. C'était à moi de faire ça." Et elle de se rapprocher de mon sexe et de la bouche de Sania. Elle saisit ses cheveux d'une main, derrière la tête, et applique Sania contre sa bouche. Sania gémit. Elle ne s'y attendait pas. Elle en délaisse mon sexe, pour se laisser aller à une étreinte passionnée avec Mme. Je n'existe plus pour elles que sous la forme de mon sperme, qui finit de s'écouler d'entre leurs bouches.
Dans mon délire, je n'ai jamais cessé de bander, et me remet à me masturber aussitôt. Je suis jaloux de cette scène. Moi aussi je veux goûter ce sperme, moi aussi je veux transgresser.
Mais non. Je sais bien que je peux pas rebander après un truc pareil, c'est idiot. Fin du quart d'heure X. Je reprends mes esprits. Mais je réalise que de tout ce que j'ai fantasmé, rien n'est complètement irréalisable avec mon amour. Avec elle, la frontière entre fantasme et réalité s'estompe. C'est inespéré. ALORS JE LA GARDE!
01 février 2008
L'amouuuur
L'amour, les petites fleurs, les niaiseries... Des inepties. Très peu pour moi. Comment s'oublier à ce point? Et l'orgueil? Et la Merteuil-attitude?
J'ai longtemps pensé que l'on ne m'y prendrait pas, avant.
Avant.
Avant de réaliser que c'était tout ce qui me manquait. Que c'était tout et que cela me manquait. J'étais vide et j'en souffrais.
Avant de comprendre qu'il était temps d'arrêter de m'en passer. On ne vit pas seul, non. Pourtant je le souhaitais. Je voulais vivre seule pour prouver aux autres que je n'avais pas besoin d'eux, car personne ne m'avait aidée. Je voulais vivre seule pour montrer aux autres que l'on pourrit seul, une fois crevé.
Souffrir, c'était me venger.
C'était leur montrer qui était le plus fort.
C'était me faire mal pour ne pas leur montrer.
Souffrir orgueilleusement était ma seule façon d'aimer.
J'ai souffert pour un homme que j'admirais. Il savait qu'il n'était pas pour moi, il ne comprenait pas ce que je lui trouvais. J'ai aimé un égoïste qui, généreusement, m'en prévenait. J'étais malade de ne pas réussir à relever le défi qu'il m'imposait malgré lui, le forcer à m'aimer, désespérément. Non. J'étais sa pute, sa pute précoce à dépuceler. Il m'a formée. Ahahah! Je l'ai quitté, le coeur soulagé, après l'avoir trompé. Il se trompait, il ne voulait plus aimer, et il me trompait. Il me maintenait dans l'ombre d'un toutes-les-deux-semaines glauque. Sans regret. Ce n'était pas un salaud, juste un égoïste qui m'a fait voir la vie en noir intense et m'a emmenée voyager du côté de chez Houellebecq. Son univers était sombre, sa musique aussi, et cela me transportait. J'ai en quelque sorte expulsé mes souffrances rentrées avec mon hymen déchiré. La complaisance était finie, la réalité m'investissait. Je crois que j'aimais être bafouée. Sans aucun doute. Ne le juge pas, mon amour, ce n'était pas un monstre. Il était une étape nécessaire pour ne plus être fascinée par les salauds.
Il était l'étape ultime vers toi. Il t'avait annoncé, il m'avait dit qu'il ne me méritait pas, il m'avait dit que je trouverai quelqu'un qui saurait m'aimer, qui ne serait pas détruit comme lui et incapable d'aimer.
Il m'a conduit vers toi. Il m'a incité à le tromper.
Je t'ai trouvé.
Tu es ce dont j'ai toujours rêvé, sans pouvoir jamais l'espérer.
La gentillesse et la tendresse, l'attention et la disponibilité, l'écoute, l'ouverture d'esprit et la confiance, la joie et l'optimisme. Les regards si touchants, si rassurants, si confiants. Les caresses d'une douceur inouïe, les massages de bourrin, les mille baisers passionnés.
Si tu n'avais pas été là, où me serais-je perdue?
Je ne me serais pas lovée dans tes bras, je n'aurais pas réchauffé mes mains gelées sur ta peau chaleureuse et je n'aurais pas caressé pendant des heures ton visage amoureux...
Tu es mon repère et tu me fais relativiser mes peurs et mes angoisses. Je me fiche de mourir depuis que je suis à tes côtés, je me fiche de souffrir si c'est pour t'aider, je me fiche de mon passé. Je veux être digne de toi, je veux me dépasser pour t'impressionner, je veux vivre simplement avec toi.
Tu combles tous mes manques, tu as versé tant d'amour dans mes fissures que je ne connais plus que toi, tu m'as envahie... Ta musique si pleine de toi, que j'aime parce qu'elle te fait
apparaître quand tu n'es pas là, tes mots si drôles et émouvants,
tes phrases si longues qu'elles surpassent les miennes, ton esprit que j'admire, tes onomatopées rigolotes, tes poils dans le
lavabo...
Je te dois mon bonheur, tu m'as donné les matériaux nécessaires à ma reconstruction, et tu as su effacer toutes les incertitudes... Tout ira bien, puisque je suis avec toi. Tout a été bien, puisque tout m'a conduit jusqu'à toi.
Je t'aime. OUI, je veux me pacser avec toi.
Oui, je me marierai avec toi. Oui, je veux des enfants de toi. Des bouts de toi en moi, que je chérirai comme s'ils étaient toi.
Je n'ai qu'un espoir. Un souhait. Un voeu. Le même que toi.
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