13 janvier 2008
Un réveillon qui restera dans les annales
Non, non, bande de malotrus, il ne s'agit pas là de quelque jeu de mots crus imageant la pénétration des coulisses d'une morue, et cette phrase n'est rien d'autre qu'une suite inintéressante de rimes en U. Non mais franchemu!
Comme l'a si joliment décrit ma dame dans le texte ci-dessous, ce 31 décembre aura retenu l'attention de mon futur nègre (celui qui écrira mes mémoires à ma place), de chaque personne présente à cette soirée, de quelques lecteurs et trices, et enfin de quelques pervers historiques comme Caligula et Sade, qui, du haut de leur nuage paradisiaque, ont dû profiter du spectacle non sans nostalgie ni admiration. Comme la soirée a été si mémorable qu'elle ne connaîtra sans doute pas d'égal dans l'avenir proche, je pense qu'il est de bon aloi d'ajouter ma part de vérité à ce récit, afin d'en extraire une exhaustivité proche du nectar obtenu d'une bonne orange parfaitement pressée à la centrifugeuse de luxe, auquel on aurait ajouté la purée de fruit restante dans les recoins de l'appareil, tant il convient de ne rien laisser dans l'oubli ni dans le presse-agrume. Alors, je vous en prie: avalons, chers amis.
Donc, nous arrivons à cette soirée. Rappelons pour la postérité et pour ma paroisse que Madame ne voulait pas venir à cette soirée. "Gnagnagna, je connais personne, je vais m'ennuyer, gnagnagna." Evidemment, elle prononcera d'autres onomatopées au cours de la soirée, mais d'un tout autre ordre. Remarquez, voilà une idée intéressante pour redonner un peu de lustre à la production pornographique du cinéma français, qui ne brille pas vraiment par son originalité. Imaginez Brigitte Lahaie, chevauchant, dans un flamboyant comeback, le sexe d'un acteur de X lambda (celui qui est de garde), remplacer les sempiternels "oui, oui, oui, plus fort, encore" par un très original et très cohérent "gnagna, gnagna, gnagna!! Oh, scrogneugneu! Scrogneugneu!! Scroooooo- gneugneu... (vous aurez reconnu la montée pré orgasmique ainsi que la chute post-ohlàlà) Je dis cohérent parce que notre brave Brigitte n'aura sans doute pas besoin de trop réfléchir à son texte, puisque, selon toute vraisemblabilité, elle n'aura qu'à enlever son dentier pour produire les sons sus-cités.
Je sais, ça manque de classe; j'irais même jusqu'à confesser que ça sent la mauvaise foi à plein nez, étant donné que Mme Lahaie a fait partie de mon horizon pornographique au cours de ma période visio-masturbatoire (1979 - ... ). Mais comme comparaison n'est pas raison, et parce que je ne sais pas pourquoi je sors cette expression, et que, par-dessus le marché, vous vous en foutez, je vais vite terminer cette phrase pour passer à la partie qui nous intéresse tous: cette fabuleuse soirée du 31 décembre 2007.
Pour bien saisir le contexte et ainsi mieux comprendre la joie qui m'étreint au seul souvenir de ce réveillon, il faut connaitre mon passé réveillonique (p 367 du dictionnaire "Oui ça existe alors m'emmerdez pas"). Pour moi, les réveillons, c'est toujours nul à aller à la selle. Ainsi, le passage à l'an 2000 s'est fait pour moi à l'arrière d'une Renault 5. Et je n'y étais pas allongé dans les bras d'une jeune donzelle désireuse de faire le grand saut dans le nouveau millénaire en sautillant sur mon bas-ventre. J'étais bien assis à attendre que le conducteur parvienne à trouver un bar-tabac encore ouvert afin qu'il puisse s'acheter des clopes dans le fin fond des Yvelines. Je n'ai pu sauver une partie de la soirée qu'en me laissant aller à des actes pas raisonnables avec une fille qui n'avait d'attirant que le projet qu'elle m'offrait. J'ai passé un autre réveillon en tête-à-tête avec les dinosaures de Jurassic Park et un plateau télé. J'étais dépité aussi, mais je n'ai rien fait avec les dinosaures.
Bref, les réveillons sont pour moi des soirées auxquelles on réféchit pendant des semaines, et qui se terminent toujours en eau de boudin, ou, au mieux, dans les bras d'un boudin. Alors, vous vous en doutez, 2007 a été pour moi un cru particulièrement savouré.
Donc, nous arrivons à cette soirée. Cinq ou six mecs, une conne, une nonne, et une salope. Ah, il y a aussi les parents de mon collègue/ami, de sympathiques sexagénaires qui ne laissent poindre aucun indice d'une soirée de vice. Le père aurait pu nous convier à un atelier bricolage, ce qui aurait au moins donné une soirée de vis, et encore, pas sûr, il aurait peut-être voulu se concentrer sur les marteaux pour cette première séance.
Donc, ce n'était pas gagné, et là, quelque chose en moi me sussurait des mots familiers: "dinosaures... Renault 5... Boudin... Pipi..." (pipi parce que dès que je suis arrivé, j'ai commencé à boire, donc ma conscience me disait fort justement d'aller régulièrement aux toilettes)
Madame Très bien élevée, comme à son habitude, décide de faire l'amour au fauteuil. Et pour autant ça n'a rien de sexuel: c'est simplement la conséquence constatée généralement de la consommation d'alcool par ce petit bout d'être humain davantage conçu pour absorber du jus d'orange (et elle en boit! C'est connu, dans sa famille. Je crois que le jour où je l'épouse, je récupère un champ d'orangers dans sa dot).
Le sexe mobilier façon TBE se pratique de la façon suivante: on part d'une position à peu près assise, jambes vaguement perpendiculaires au sol, et on glisse lentement vers une position latérale de sécurité à même le cuir, en poussant, pour aider la manoeuvre, des petits gloussements encadrant, de temps en temps, une phrase intelligible, comme le récurrent "ça tourne!! hihihi!!" ou encore le "ouhlà", plus facile, et qui s'accompagne généralement d'une saisie de mon bras pour éviter de tomber. Et puis finalement, la position finale, l'équivalent de la sieste post-orgasmique pour le sexe mobilier: l'avachissement final, qui varie en fonction des possibilités du meuble. Si un canapé permet un allongement complet, le fauteuil ne permet qu'un affaissement. La tête repose à l'horizontale sur le sommet du dossier, et les bras, sur les accoudoirs, ou pendant dans le vide.
Alors qu'elle jouit de sa sexualité mobilière, je vois Madame TBE adresser à mon collègue une parole surprenante: "Je peux pas m'empêcher de peloter tout ce qui passssse à portée". (Je rajoute les quelques S que Madame TBE avait cru bon de censurer dans son récit).
Tiens! Ne se rend-elle plus compte de ce qu'elle dit, ou est-elle vraiment en train de l'allumer? J'opte pour un mix entre les deux. Je ne ressens pas de jalousie, parce qu'à ce moment-là, la scène est plus comique qu'érotique. Je ne décèle pas encore le vice grandissant au creux de ma femme. Pour moi, elle est simplement en train de perdre un peu les pédales. Alors je bois en rigolant.
Un peu plus tard, je me retrouve à la droite de son fauteuil. Elle doit me caresser un bras, je ne sais plus. Mon collègue lui a déjà fait remarquer une première fois qu'on avait vu son sein tout à l'heure. Le voilà maintenant qui, rapide comme l'éclair, remet en place une partie de la robe de Madame, remettant ainsi son sein gauche à couvert - sans pour autant toucher la peau, ce qui relève d'un grand professionnalisme, pour lequel je ne manque pas de le féliciter. A ce moment-là, il est à peu près en face d'elle. Je me dis que la situation, en d'autres circonstances, pourrait allumer une mèche menant à une explosion sexuelle de grande envergure. Mais je sais que ma mie n'est pas attirée par mon collègue. On parle souvent de lui, entre nous. Je raconte la complicité que nous partageons au boulot, centrée principalement sur le vice et la blague salace. Je lui ai déjà dit qu'il la trouvait à son goût, sachant que cela lui ferait plaisir. Mais ça ne pouvait pas aller plus loin, notamment parce qu'elle n'aime pas du tout les mains de mon collègue, élément primordial de l'attirance sexuelle dans son esprit comme dans le mien. Il n'y a donc pas de débordement imaginable dans cette situation. Dommage: l'occasion est belle, mais les protagonistes ne me semblent pas compatibles. J'y pense non sans une pointe de regret.
Tout à coup, je réalise (j'ai un temps de retard car le bar a été généreusement garni) que ma femme a mis sa jambe entre celles de mon collègue, qui lui caresse l'autre jambe. Mon premier réflexe est d'interpréter cet état de fait par l'abandon de Madame à la facilité gestuelle dûe à son ébriété. Je ne m'en formalise pas, il n'y a pas d'intention de toute façon, et puis merde, on est le 31.
Je me retourne vers le visage de Madame pour voir son expression, par acquis de conscience, en fait surtout pour lui faire remarquer où sa jambe se trouve. Et là, choc: en lieu et place de l'expression hagarde et rigolarde à laquelle je m'attendais, je trouve un regard fixement dirigé vers mon collègue. Elle le fixe droit dans les yeux, d'un regard que je connais bien. Un regard d'une méchanceté et d'une brutalité telle qu'il en est intimidant, et dont mon collègue me confirmera plus tard qu'il ne le pensait pas possible sur ce visage d'habitude si innocent. Elle le viole de son regard de son salope. Je sais exactement comment ça se passe dans sa tête, quand elle fait ce regard. C'est son arme de destruction massive, qu'elle emploie quand elle veut déclencher la guerre. Diantre. Elle veut déclencher la guerre à mon collègue... Lui qu'elle ne trouve pas attirant, lui au sujet duquel elle a déjà secoué les épaules, symptôme de dégoût visible. Elle est en train de l'allumer comme une pute. Il n'y a vraiment pas d'autre mot. Quelle salope! S'exciter sur un mec qu'elle n'aime pas physiquement... Il faut vraiment qu'elle aime ça. Je pense à son incrédulité, à lui. Je bande. Gravement.
Que va-t-elle faire quand elle va réaliser que j'ai remarqué son manège? Elle pourrait retomber sur terre et s'excuser de cet écart, en me rappelant le nombre de verres qu'elle a bus. Ce serait crédible. Et je réagirais peut-être en me montrant légèrement vexé.
Je fixe son regard, et j'attends qu'elle tourne son visage vers moi. Elle finit par le faire. Son expression ne change pas d'un iota. Elle me jette le même regard. Avec d'autres mots qu'elle me projette dans les yeux: "Oui, je suis en train d'allumer ton collègue. Je sais que tu me vois. J'ai envie que tu me voies allumer ton collègue. Tu m'en pensais pas capable, hein? Tu savais que j'étais une salope. Mais tu te doutais pas à quel point. J'aime être une salope. Ta salope. Eh bien oui, j'ai ma jambe entre les siennes, et ça me plaît. Je suis en train de vous faire bander tous les deux, et ça m'excite, tu ne sais pas à quel point. Je serais prête à tout, tant je suis excitée. Si tu veux me baiser avec lui, c'est le moment ou jamais. Je serais presque capable de te sucer devant tout le monde si tu me présentais ta bite. J'ai envie d'être une pute. J'ai tellement envie d'être une pute! Si j'étais chez nous, je serais déjà en train de me branler."
Je vois tout ça dans son regard. Pourtant, je reste incrédule. J'ai besoin d'une confirmation. Je me penche vers elle, pour avoir cet échange:
"Tu réalises ce que tu es en train de faire?
- Oui, je suis en train d'allumer ton collègue.
- Tu sais que t'es vraiment une pute?
- Oui, je sais que je suis vraiment une pute. J'adore être ta pute."
Incroyable.
Mon collègue s'excuse un instant. Face à une telle situation, je ne vois qu'une seule issue concevable. J'ai trop souffert d'occasion manquées dans ma carrière sexuelle et sentimentale. Un moment comme ça, on n'en aura peut-être plus jamais. Une scène improvisée d'allumage en public. Ma copine qui ose en draguer un autre sous mes yeux. Nous qui sommes tous les deux assez alcoolisés pour oser. Trop rare; il faut que ça débouche sur quelque chose! L'idée qui vient de germer dans ma tête n'a rien de génial. Elle me parait être l'évidence même, et je ne conçois pas une seconde que Madame pourrait la refuser. C'est forcément son projet, sinon elle ne nous aurait pas allumés comme ça. Mais j'ai besoin de lui demander, toujours par acquis de conscience.
"Tu veux qu'on te baise avec mon collègue?
- Oui."
Du tac au tac, elle me répond! J'avais donc raison. (enfin c'est ce que je pensais... Voir la version de Madame TBE) Elle se lève et va dans la chambre sur ma proposition.
Je m'en vais recruter mon collègue dans la cuisine. Il s'affaire au-dessus de l'évier avec un copain. Ils s'apprêtent à revenir tous deux dans le salon. Je retiens mon collègue pour lui parler seul.
"Bon... Cale toi bien contre le mur: Madame TBE veut qu'on la baise à trois. Elle est dans ta chambre, elle nous attend."
Inutile de vous décrire son expression faciale à ce moment-là, de toutes façons, je n'y arriverais pas.
"Vous vous rendez compte de ce que vous me faites, là? Je dois m'occuper des invités, et vous venez me proposer ça! Tu te rends compte du cas de conscience ?
- Allez, viens, sinon tu le regretteras, je t'assure!
- Non mais attends, tu réalises quand même que ta meuf, elle est belle, elle est intelligente, elle... elle...
- C'est une salope?
- Voilà, merci! Enfin... Elle est irrésistible, quoi!
- Ben oui, je sais... Alors viens! Ecoute, pour moi s'il y en a un qui mérite de la baiser avec moi, c'est toi; ça me ferait vraiment plaisir que tu viennes. (je sais que j'aimerais qu'on m'encourage dans ce genre de moments... Parce que bonjour la pression!)
- Bon... J'arrive."
Je rejoins Madame TBE dans la chambre. On flirte. Il nous rejoint. Il ne se fait pas trop prier pour embrasser Madame, qui l'enlace aussitôt. Quelle décontraction de la part de ma femme! Si une nana se jetait sur moi, je ne pourrais sans doute pas m'empêcher de craindre une réaction abrupte de la part de Madame TBE. Visiblement, elle n'a pas cette crainte. Je suis satisfait: je fais tout ce que je peux au quotidien pour qu'une confiance inébranlable s'installe entre nous. Ca marche. Je me sens même fier d'elle. Une petite nana de 21 ans qui se laisse baiser par un autre sous les yeux de son mec sans qu'il y ait de drame ou sans qu'elle en craigne un... Elle a su rester insouciante, et je me plais à penser que j'y suis un peu pour quelque chose. Avec moi elle est tranquille. Et puis, ça veut aussi dire que, logiquement, je devrais pouvoir cesser d'avoir un petit problème de conscience quand je me laisse aller à baiser violemment une partenaire lors d'un quatuor.
On est vite nus. Elle est surexcitée. On est tous les trois surexcités. Il fait noir. C'est plus facile de se laisser aller. On voit malgré tout, mais tout de même... Il s'agit de mon collègue, mais il m'arrive de l'oublier spasmodiquement. Je me retrouve à embrasser ma copine, qui alterne avec mon collègue. Hyper excitant. Voilà que je réalise que je suis en train d'embrasser à tout rompre, même quand elle n'est plus en face de ma bouche. A un moment, il me semble bien lui rouler une pelle alors que la langue de mon pote traîne par là. Recrudescence d'érection. Je continue d'embrasser frénétiquement ma copine en guettant les instants de contact avec la langue de l'autre mec. Je suis hétéro; par le passé, j'ai expérimenté la fellation par souci d'exhaustivité, même si j'ai trouvé ça amusant. Par contre, embrasser les mecs, ou leur montrer la moindre marque d'affection me paraît incongru. Mais là, lui aussi est hétéro - sans expérience homo, lui. Tout ça est très bandant.
Je la pénètre. Lui pénètre sa bouche. Elle, qui disait ne pas imaginer éprouver autre chose qu'un sentiment d'oppression à l'idée d'avoir une bite entre ses lèvres et une autre dans sa chatte, en redemande. Oui: on ne gémit pas ainsi de plaisir quand on veut que ça s'arrête. Que c'est bon! Que c'est bon d'entendre ces gémissements étouffés que l'on pensait réservés aux actrices de X!
Je ne sais plus quelle heure il est. Apparemment, ça fait un bon moment qu'on y est. Je me sens déshydraté; qu'est-ce que j'ai soif! Elle aussi est déshydratée; je le sens dans son corps. La pénétration n'est donc pas celle des meilleurs jours. Je sors, autre position. Il est allongé sur le dos. Elle le chevauche, son sexe derrière ses fesses. Je mange les fesses de ma chérie. Evidemment que je sais que la bite du mec est juste à côté. Je ne renie rien de l'expression employée par Madame TBE dans son texte!
Je suis au-dessus de sa queue. Elle est à moitié retroussée. Ca m'énerve; il faudrait tirer dessus, la faire coulisser, pour découvrir totalement son gland. Là, elle n'est qu'à moitié déployée, c'est énervant, à la fin! Il faudrait donner juste un petit coup de main, comme ça... Après tout, est-ce qu'il s'en apercevrait? Tout en dévorant les fesses de ma copine, je cogite, j'hésite, je pèse le pour et le contre. Et cette bite qui se tient droite, comme m'attendant. Si ça se trouve, lui aussi il voudrait bien que je le suce. Peut-être que dans son esprit, une pipe, c'est une pipe, que ce soit fait par un mec ou par une fille. Qu'est-ce que j'ai envie de la sucer, cette bite! Cette pensée n'est pas loin de me faire jouir.
Les choses continuent puis s'estompent; on est crevés, on n'a pas joui, on n'est plus en état; seule Madame semble ne pas en avoir assez eu. Elle aussi finit par se calmer. On se rhabille, on papote, on s'en va. Je m'assure qu'elle ne regrette rien; ça a l'air d'aller! C'est une salope et elle l'assume parfaitement bien - ce sont ses propres termes. Je l'aime.
Soirée mémorable; je ne regrette qu'une chose: ne pas avoir osé le sucer, le branler, ou au moins lui demander, bref quelque chose, quoi. Les jours suivants, au boulot, ne sont qu'occasions guettées pour lui demander si ça l'aurait dérangé.
Madame m'a indiqué qu'elle était volontaire pour une réitération de ces événements - même si, avouons-le, recréer une telle spontanéité n'est pas facile. D'autant que madame n'est pas une grande fan des amis de mon collègue, et elle risque de refuser de participer à une autre soirée chez lui, malgré l'organisation en mars d'une grande soirée dont je ne lui ai pas encore parlé et qui risque d'être placée sous le signe du vice. Qu'en dis-tu mon amour?
Il y quelques jours, on va au bar d'en face avec mes collègues. Peu à peu, les gens s'en vont; de notre boîte, il ne reste plus que mon complice et moi. Je m'arrange pour qu'on boive bien, beaucoup. Finalement, j'ose lui demander:
"A un moment, pendant notre trio, j'étais au-dessus de ta queue; j'ai hésité à te sucer, mais je ne voulais pas te brusquer... est-ce que ça t'aurait dérangé?
- Ben non! On fait l'amour à trois, en fait...
- Ah! Eh bien... Tu sais à quoi t'attendre la prochaine fois alors?
- Ben ouais!"
Ah, 2008 a plutôt bien commencé pour les Très bien élevés... J'adore les réveillons, j'adore mon amour, j'adore les dinosaures, le boudin, un peu moins, sauf encerclés de pommes cuites revenues dans le beurre.
Bonne année!
Bonne année...
...très bonne année. Prometteuse...
Le Nouvel An, c'est jamais évident. Après cette phrase-choc, qui vous a très certainement cloués sur vos sièges de bureau à roulettes, ou à votre lit si votre ordinateur a le luxe d'être portable, je tiens à m'excuser auprès des lecteurs de ce blog qui continuent à cliquer désespérément depuis plus de trois mois en attente d'une nouvelle production émanant de nos doigts gelés par l'hiver (et rouillés par la pluie).
Chers lecteurs, vous avez bien fait d'attendre. Rien ne vaut notre expérience du Nouvel An; champagne et toasts au saumon, beaucoup d'alcool et encore plus de toasts. Avec résultats à l'appui.
Nous étions invités chez un collègue de mon homme, P. pour ne pas le nommer, réputé pour sa perversité et ayant déjà fait part à mon homme de la beauté de mes mains. "Ah! Tiens. Il est sympa ton collègue, et c'est tout ce qu'il t'a dit sur moi?"
Apparemment, il s'était interdit toute remarque plus déplacée, car il est partisan des chasses gardées, et ne regarde pas lui-même ce qui se pavane sur les terres du voisin. C'est un usage bien masculin... S'il existe bien.
Cette soirée s'annonçait sans éclat particulier: trois couples, trois hommes célibataires, et d'autres arrivants plus tardifs, tous d'une banalité approximative, mis à part P. et mon homme... Une prude parmi les femmes, et une muette. La troisième, provocante dans ses talons, ses bas et sa robe rouge dont le décolleté fugueur me valut une remarque de la part de P., une fois les douze coups de minuit passés:
" Ton décolleté laisse voir un sein, et c'est pas la première fois de la soirée.
- Ah boooon? Ouuups!" (le ton trainant est dû à l'ivresse, et laisse percer la langueur qui était la mienne à ce moment)
P. partit rejoindre mon homme au buffet, échangea quelques mots avec lui tandis que mes mains avides se refermaient dans le vide. Mon homme revenu, ses fesses adorables enfin sous l'emprise de mes mains, l'avidité langoureuse d'une femme ivre ne se satisfaisant pas de ce divin contact, je ne pouvais faire autrement que d'étancher ma soif. P. continuait à discuter avec ma moitié lorsque mes lèvres se surprirent à prononcer: "Je ne peux pas m'empêcher de peloter ce qui passe à ma portée...", tandis que d'une main, je caressai le bras de P., désireuse de caresses un peu plus poussées.
Surprise évidente des deux hommes. Interloqué, P. ne put s'empêcher de me glisser: " J'ai beaucoup aimé tes mains la première fois que je les ai vues". (L'imprécision du verbe est dûe à l'ivresse qui transforme toute parole en fondu délicieux et indistinct)
Et moi de répliquer en les lui agitant sous le nez:
"Ces mains-làààà???"
Vous remarquerez l'habileté du procédé.
Troublés, les deux hommes, debouts, se penchaient vers moi, avachie dans un fauteuil, et mes jambes se déliaient, comme ma langue précédemment. Elles s'ammarèrent autour de la jambe droite de P., ma jambe gauche remontait le long de la sienne, augmentant si besoin était le trouble des deux hommes qui se regardaient mi-amusés, mi-excités par mon "regard de chienne" (sic).
Excitant est un bien faible mot pour définir ce moment qui se prolongeait délicieusement, au vu et au su de tous les autres invités qui nous regardaient, médusés.
Mon homme se pencha et me murmura:
"Tu réalises ce que t'es en train de faire?
- Oui, parfaitement.
- Tu sais que tu es vraiment une pute?
- Ouiii, je sais."
Rattrapé par son devoir de maître de maison, P. s'enfuit en cuisine,
après quelques soupirs dont vous pouvez imaginer la nature, et mon
homme en profita pour glisser à mon oreille:
" Est-ce que tu veux qu'on te baise tous les deux, moi et P.?
- ... ! OUI.
- Tu es sûre que ce n'est pas sous le coup de l'alcool et que tu ne vas pas le regretter demain?
- Oui, j'en suis absolument certaine, je me suis même caressée en pensant à P. aujourd'hui.
- Bien, va nous attendre dans sa chambre, je vais lui dire de nous rejoindre."
Le chemin n'était pas très droit, mais mon coeur tambourinait au point de me faire perdre l'équilibre. Je trouvai la porte de la chambre de P., et dans l'obscurité, je m'allongeai à moitié sur le canapé. Attendre, les pulsions s'emballant, les idées plus claires que jamais.
La porte s'entrouvrit, quelqu'un entra. Lui, mon homme. Il m'embrassa, et entreprit de me déshabiller, assoiffé. "Il arrive, il était un peu décontenancé, il m'a demandé si tu étais sûre et si ce n'était pas seulement à cause de l'alcool. Je lui ai dit que tu t'étais caressée en pensant à lui. Il m'a dit que tu étais belle et intelligente, que tu étais hyper baisable. Il va venir."
Nos souffles s'emballent, nos baisers aussi.
Une seconde fois, la porte s'entrouvrit et une ombre furtive se glissa dans la chambre. Il s'accroupit à côté de mon homme, en face de moi. Je l'embrassai, lui, lui, j'embrassai les deux, les deux me dévoraient. Les bas déroulés, les chaussures enlevées, les cuisses léchées, la robe ôtée... les mains de P. voltigent sur mon buste, s'attardent sur mes seins pétris, léchés; les baisers s'échangent à trois, l'exaltation est intense et les désirs tourbillonnent, quatre mains s'affairent sur moi, deux pénètrent mon sexe... Je me retrouve sur P., son sexe raide contre mes fesses, ses mains ne sachant plus s'il faut pétrir ou fouiller, je gémis à n'en plus finir lorsque la porte s'ouvre, et se referme
presqu'aussitôt, le temps pour nous de comprendre et de mettre un terme
à nos gémissements.
A peine quelques instants plus tard, les premières
frayeurs passées, la bite de mon homme me pénètre, chaude, magnifique, magnanime. Celle de P. va et vient dans ma bouche, avec brutalité, j'aime être possédée; P. ajoute un doigt à la verge dans mon sexe, et le tourbillon devient intense; je gémis comme une affamée dont on augmente la faim en la rassasiant, je me cambre et suce et embrasse lorsque la porte s'ouvre à nouveau!
Mort subite. L'incompréhension règne. Un connard gueule: "Les manteaux, rendez-nous nos manteaux, vite, sinon on allume la lumière." Accablement, consternation, aucun mot n'est assez fort pour définir mon sentiment de haine à l'égard de cet empêcheur de baiser à trois.
P. se lève, enfile un pantalon, donne les manteaux au gêneur et s'absente avec lui. Je suis dans les bras de mon homme, tremblante d'effroi. On n'était pas sur leurs putains de manteaux. C'est vraiment pas cool...
P. revient quelques dizaines de minutes plus tard:
" [La prude] est en bas, agenouillée dans les escaliers, en train de pleurer. C'est son mec qui est venu chercher les manteaux: lui est plus cool, il s'en fiche, mais elle lui défend carrément de revenir à mes soirées; elle est persuadée que [Madame TBE] lui a déjà mis le grappin dessus..." (NDLR: Impossible, sa laideur, ou son degré d'asexualité morbide, m'empêche de concevoir qu'un tel acte puisse relever du champ de mes possibles!)
Allongée, nue sur le canapé, après m'être étonnée de la pudibonderie de cette fille sans doute peu confiante en ses attributs (et en son serre-tête vert), je ne résistais pas aux regards admiratifs (je me permets cette flatterie déplacée) de P. accroupi devant moi, et l'embrassai, mettant ainsi fin à une courte période d'hésitation... A cheval sur lui, mes seins et mes fesses enveloppés tour à tour dans ses mains, je jouissais de la bouche de mon homme aventureux, qui avait mon cul et le sexe de son collègue à portée de langue, et léchait l'un tout en bavant sur l'autre (excusez-moi cette image qui me fait beaucoup rire, mais qui, j'en ai conscience, n'est pas du dernier chic!)...
Episode suivi de quelques autres folies de P., tandis que ma moitié, exténuée, se reposait à mes côtés...
Hélas, la soirée devait s'achever peu après, P. retournant à son devoir de maître de maison, tandis que nos corps exténués, à près de quatre heures du matin, désireux de repos et d'oreillers, rêvaient à leurs Pénates bien méritées... Nous nous rhabillâmes, et saluâmes les derniers invités, qui ne voulaient pas partir sans nous assurer de leur soutien, à ma grande honte rougeoyante... S'il est facile d'assumer de tels actes en privé, n'oubliez pas que je suis Madame Très Bien Elevée!
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